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>Domaine public, sur Fantomas à la gaité lyrique, Paris<
Un ciné-concert exceptionnel organisé par Wikimédia France.
Fantômas, criminel en cagoule et collants noirs, était d’abord le protagoniste d’un roman-feuilleton à succès du début du siècle. Louis Feuillade l’adapte au cinéma et tourne cinq épisodes qui sortiront en 1913 et 1914. Le succès populaire est retentissant et assure une belle postérité au personnage.
Près d’un siècle plus tard, des artistes s’emparent de ces films qui sont entrés depuis dans le domaine public.
Le vidéaste Arnold Boudin et le compositeur Shoï Lorillard scénarisent un remontage des cinq épisodes : des boucles aux couleurs psychédéliques et aux superpositions audacieuses, rappelant les prémices du Bahaus ou le constructivisme de Mondrian. Shoï Lorillard met ensuite le film en musique électro. Il joue en live, lors de la projection. Une performance impressionnante de remix où les images de Feuillade font peau neuve.
La démarche artistique de ce ciné-concert montre à quel point la création, quelle qu’elle soit, se nourrit naturellement de ce qui la précède. Dès les débuts d’internet, le remontage, le détournement, le remix et le mash up ont fait de nombreuses émules… parfois en faisant fi des droits d’auteur. Or, les œuvres du domaine public peuvent se prêter à toutes les recréations et constituer un vrai terreau de la création.


Extrasystole  Sans transition  CD-R (Lo-Fi records, 2012)

Sans transition, vous vous réveillez à bord d’un vaisseau à la
dérive dans l’espace. Les enregistreurs de bord déroulent un
environnement sonore digne d’une collecte de la sonde Pioneer ou des
archives hypothétiques du programme SETI. L’atmosphère est calme, bien
que quelques bruits sourds se fassent entendre de temps à autre dans les
soutes. Les scanners de l’appareil saisissent au vol des sons en
provenance de la terre~: Bribes de codes, brouillages passagers, voix
lointaines,  chœurs éthérés qui disparaissent aussi soudainement
qu’ils sont venus dans les plis de votre écoute incertaine. Puis
viennent ces bourdonnements qui font penser aux chants gutturaux  d’une
troupe de cyber moines tibétains égarés dans l’abîme du cosmos. Il
vous semble revivre des moments du passé, perdu dans une zone alternative
du temps. Vous sortez peu à peu de la torpeur post hibernation et vous
réalisez finalement que vous êtes en train d’écouter la dernière
création sonore de Shoï Lorillard alias Extrasystole, musicien
orléanais, activiste du collectif H.A.K et grand amateur
d’environnements cinématiques. Deuxième volet d’un diptyque débuté
en 2010, Ce disque est un véritable pont d’embarquement vers
l’inconnu. En voyant la pochette on pense d’ailleurs à la Jetée de
Chris Marker, une esthétique bien à propos…

La Voix Des Sirenes, octobre 2013

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Gaspard Bebie-Valerian,

Oudeis, festival Premiers Baisers

Extrasystole, personnage à multiples facettes. Regard noisette et facétieux, complexités trompeuses, beautés brutes. Pensées spontanées.
La première fois où je rencontrais et entendis Extrasystole se produire en public. Quel étonnement. Une sensation pérenne, corporelle encore vive. Une pulsation de tristesse et d'énergie simultanée.
Extrasystole monte sur scène. Il tire avec lui une valise rouge d'une taille phénoménale. Pas le moindre ordinateur ni écran n'est disposé sur son plan de travail. Pour le moins inhabituel au regard des compositeurs électroacoustiques qui pour beaucoup ne peuvent se séparer de leur machine, laquelle devient un instrument centralisant, générateur, assembleur. L'inconvénient d'un si puissant outil, c'est qu'il conditionne le processus performatif mais aussi la relation au public. L'artiste se trouve généralement coupé de l'assemblée par cet écran, seule la lueur persistant dans le noir et laissant émerger le visage du performer, spectre plongé dans une contemplation solitaire.

Voici donc mon premier souvenir. De cette grande valise rouge, Extrasystole sortit des boites de conserve, des pédales d'effets bricolées, des circuits électroniques, des câbles et autres périphériques inconnus de ma part. Et la performance commença. L'audience resta médusée, attentive, portée. Le temps sembla se suspendre ou plutôt se rétrécir. La performance devînt un récit, une histoire dans laquelle nous étions plongés. L'imaginaire se déplie, le fil de soie se défait petit à petit, les esprits s'enlacent et nous, spectateurs, nous oubliions être en pleine écoute. Nous étions ailleurs. Notre pensée vagabondait. Extrasystole dépliait les sons, les assemblait, les manipulait avec une infinie justesse. Un compositeur qui sait dresser un univers, dense, puissant et jonché d'une multitude de détails. Une fragmentation musicale, un fil d'ariane cohérent et qui pourtant n'hésite pas à déstructurer, déconstruire, inverser. Quel soin cet artiste apporte à la composition de ses pièces !

Perfectionniste sans conteste, une maîtrise des temporalités et un équilibre rare dans les assemblages. Extrasystole m'est apparu comme une palpitation, une asymétrie indispensable. Je garde le souvenir d'une démangeaison parcourant le bout des pieds et circulant jusqu'au bas-ventre. C'est soudainement l'insecte, le végétal, la senteur d'une herbe sèche dans un pré qui vous accompagne tandis la pure électronique s'étale en nappes, tourne en vrombrissements. C'est une littérature mélancolique empreinte de poésie qui viendrait à basculer vers le film noir des années 50 - suivant l'humeur – pouvant déraper dans l'hémoglobine, le carnage du nanard gore.

Extrasystole, c'est une intelligence de l'écoute, celle de notre environnement actuel jonché de diversités et contradictions. C'est rassembler la musique concrète à l'évocation lointaine de nos souvenirs, un vent sur la plage, un enfant qui nous hèle, un cerf-volant qui s'éloigne, un écran noir, miroir brisé qui ne fait qu'annoncer l'éphémère. C'est aussi une électronique, filtrée, assemblée, travaillée qui évoque l'animal, le primal associé au rituel, un paganisme qui dérive vers une folie douce. Extrasystole, c'est le glissement faussement innocent d'une balade bucolique vers un univers fait de figures mythologiques. Monstres marins, souffles profonds, sensualités lointaines, c'est la pulsation, la peau sèche d'un tambour qui jouxte de lancinantes mélodies.

C'est toute la force de cet artiste, nous inviter sans ambages dans un cheminement bien loin d'être balisé. C'est explorer le sauvage d'une humanité complexe. C'est toucher l'inexplicable, du bout du lobe.


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CROP CIRCLES c'est la collaboration entre Shoï Extrasystole du collectif HAK (& Hors, Massacre, Loop Loop, Red Alert) et Nicolas Dick de Kill The Thrill (& Strings of Conciousness).

Ce premier album de 50 minutes mixe les voix, les instruments, les objets passés à la moulinette de l'électronique, et les collages sonores avec des parties ambient pour aboutir à 4 courts métrages sonores.
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Experimentierfreude se trouve les Français dans le sang, un événement qui "cimente" le duo CROP CIRCLES avec ses débuts intitulés qui oscille entre les styles Ambient, Industrial et Spoken Word.

Derrière CROP CIRCLES se cachent les protagonistes SHOI EXTRASYSTOLE (des échantillons, dictaphones, objets, effets) et NICOLAS DICK (la guitare, l'accordéon, la boucle), CD DE DEBUTS (l'édition(impôt) : 500 exemplaires) sur la maison d'édition renommée d'OPN RECORDS apparaît quel Industrial surtout expérimental place des ouvrages(usines,mécanismes) au marché.
Au premier plan des débuts CROP CIRCLES se trouve définitivement l'expérience auditive, cela les Français au moyen de Droneschleifen impénétrable atteignent qui disposent d'un certain effet d'aspiration et de monotonie simultanée, pourquoi une certaine accentuation périssent. A côté des structures très coulantes, mais complexes, CROP CIRCLES mettent sur les traces de guitare organiques lesquelles glissent occasionnellement dans le Drone Doom par quoi de certains passages massifs gagnent en bon poids. Ont en tout un travail stylistique vaste quels CROP CIRCLES avec ses(leurs) débuts présentent avec quoi des puristes de genre garantit sa(leur) chère nécessité. Anspieltipp ? Love it or hate it!

Bilan :

Des consommateurs qui partent sur l'Ambient presque abstrait complexe des versions, ne devaient pas s'échapper les débuts intensifs de CROP CIRCLES

magazine Kulturterrorismus, juin 2013, allemagne

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SHOI EXTRASYSTOLE ; installation sonore pour l'exposition photographique de Sophie Carles

Le présent cd, présente la bande son que SHOI (aka « EXTRASYSTOLE ») a composé et produit pour l'exposition photographique de Sophie CARLES qui se tient à la Collégiale Saint Pierre le Puellier d'Orléans. C'est là le fruit d'une collaboration avec la photographe, SHOI désirant mettre en valeur le travail se Sophie et établir des résonances.
La gageure dont SHOI s'est acquitté est d'avoir réussi à s'intégrer discrètement au sein d'une problématique triangulaire : trouver les point d'équilibre entre abstraction et narration avec le sujet principal de l'expo (… les photos !), tout en tenant compte de leur agencement dans cet espace particulier, ainsi que des contraintes acoustiques du lieu (une collégiale, c'est une église...).  Histoire de démultiplier l'affaire, les bandes-son sont produites en multidiffusion : la principale donne le ton à l'expo en général, la seconde se veut plus concrète (au sens noble du terme) avec sa diffusion sélective et orientée (on peut l'écouter sous de chouettes paraboles en plexiglas !) pour illustrer spécifiquement une série de photographies.
Globalement, la musique dont le caractère fantomatique est amplifié par la réverbération forte du lieu souligne l'absence directe d'humains dans les photos de S. CARLES, des traces de leurs activités seulement leur subsistant. Organique, elle se pose aussi en parfait écho aux vues panoramiques de ces vieux greniers remplis d'objets relégués et chargés d'un passé intangible. Elle est aussi suspendue dans les voutes de la collégiale quand elle répond à la stase de paysages de neige silencieux, eux-même reliés à ces mêmes voutes par de fins filaments métalliques.
La deuxième bande diffusée dans les paraboles est ce qu'il est convenu d'appeler l'empreinte sonore (sic) de vieux objets photographiés comme des portraits. Les spécificités sonores des dits objets sont mises en relief là aussi dans un rapport oscillant entre le son concret, et le grain du filtrage et des manipulation sonores. Ici, la proximité quasi physique du son vient s'opposer à la masse diaphane de la bande-son principale.
Sur le support digital joué sur un système hifi ou avec un casque audio, le travail de SHOI, diffère des conditions de diffusion pendant l'exposition prenant de la sorte un second souffle. D'une part, dans la collégiale, le volume est relativement faible et se mélange aux bruits des visiteurs et la réverbération très marquée du lieu, d'autre part deux bandes sont jouées simultanément avec le décalage inhérent à une diffusion en boucles. Le détail est gommé pour une approche globale confuse, comme un brouillard enveloppant les sens de l'auditeur et l'ensemble de l'exposition.
Sur le cd, toute la richesse et la complexité du travail de montage apparaît alors. On peut percevoir une approche progressive particulièrement sur le premier morceau, ou une montée en puissance s'opère au ralenti pour ensuite s'apaiser dans un vague flottement. L'ensemble est cohérent et s'articule en une succession de manipulations de sons concrets (dont la source est plus ou moins identifiée) qui s'emboitent et se télescopent, accentuant l'impression de drone. Si, depuis les bricolages de ses débuts je n'avais jamais douté des qualités de sa musique, j'ai pu au fil du temps observer ses productions s'affiner pour atteindre le degré de cohérence et de maturité avec la présente œuvre. De mon point de vue, il y a un important travail de l'épure dans cette œuvre, qui assied et confirme la position de SHOI dans le petit monde fermé et exigeants des sound-artists.